Repas et soins donnés aux Cani Corsi dans la masseria ...

Le plus souvent le chien recevait son repas une fois par jour, le matin.
Ce repas souvent de même composition la crusca "caniglia", sorte de farine grossière faite de céréales et cosses de blé, d'orge, seigle, froment, avoine, etc., ce complément alimentaire était destiné à la base aux bétails (bovins, équins, porcins) diluée dans un peu d'eau ou dans du petit-lait de temps en temps, appelé siero, résidu restant de la fabrication du fromage. Les chiens se nourrissaient également de fruits bien mûrs tombés des arbres fruitiers, de raisins et diverses baies trouvées aux abords de la ferme. On donnait aux jeunes chiots du lait coupé d'eau dans lequel on y faisait tremper quelques morceaux de pain rassit.

L'ordinaire du cane corso et de tous les chiens de la masseria pour être plus généraliste, était composé de repas végétariens. Il est toutefois augmenté de « matières animales » sous forme de déchets. Comme c'était aux chiens qu'étaient donnés les avortons de bétail et les délivres de parturitions. C'était également à eux qu'étaient distribués les restes d'un agneau, d'un lapin ou d'une carcasse de volaille quelconque, sous forme de tripes et viscères divers et variés. De ce point de vue, l'abattage du cochon était aussi une fête pour les chiens, car ce jour-là ils recevaient en supplément tout ce que l'homme n'utilisaient pas ou plus pour sa consommation personnelle comme : la vessie, fiel, rate etc.

C'était également aux chiens qu'étaient donnés les cadavres de bétails retrouvés morts, impropres à la consommation humaine, car non éviscérés ou non vidé de leur sang à temps. Mais aussi de petites proies qu'ils chassaient naturellement comme les rats, souris, mulots, lézards et insectes etc.

De cette manière les chiens recevaient pour leur nourriture deux parts bien distinctes : la crusca "caniglia" ne contenant aucune matière animale et la seconde part qui ne donne pas lieu à une préparation régulière, mais qui reste toutefois indispensable au chien dans la mesure où le chien est bien entendu carnivore et qu'elle lui fournit une alimentation animale, qui consiste dans les restes d'animaux que les circonstances permettent au chien de s'octroyer.

Les maladies les plus graves que le chien pouvait contracter étaient la maladie de Carré et/ou la rage, qui sont désormais en voie de régression voire même presque éradiquées dans nos pays du fait des vaccinations qui se généralisent. Si on avait l'habitude d'abattre un chien atteint par la rage, on essayait de soigner la maladie de Carré en faisant au chien un abcès artificiel à la térébenthine. Mis à part ces deux maladies graves, les affections dont pouvait être frappé le chien ont leur remède dans la pharmacopée des paysans des Pouilles.

Le chien pouvait surtout contracter des parasitoses internes qui sont en particulier le fait de vers intestinaux comme le ténia. Pour le soulager « des vers », on utilisait des vermifuges naturels. Les paysans des Pouilles avaient l'habitude de leur donner des décoctions : sauges, anis sauvages, romarin, ou bien de l'ail ou encore des graines de courge, mais on prétendait que les chiens se purgeaient naturellement en mangeant du chiendent sorte plantes d'herbacée de la famille des graminées, car les vers s'enrouleraient autour de cette plante et seraient ensuite évacués dans les selles. Les parasitoses externes du chien sont nombreuses.

Le parasite le plus connu du chien est la tique, qui peut provoquer une grave parasitose interne la piroplasmose. Pour tuer les tiques, les paysans passaient sur leur chien une décoction de tabac ou de l'essence de térébenthine diluée. Pour l'enlever ils perçaient la tique avec une aiguille rougie ou la coupait avec des ciseaux.

Le chien peut aussi avoir des puces, on utilise aujourd'hui des insecticides alors qu'autrefois on pouvait faire tondre le chien par le maréchal-ferrant, ou bien mettre quelques feuilles de noyers dans la couche du chien ou encore lui passer sur le corps une décoction de romarin, de marjolaine ou mieux de menthe.

Auteur Giuseppe GIORGIO